|
LA
ROUTE DES DAMES DE TOURAINE
Agnès
Sorel, Diane de Poitiers et Gabrielle d'Estrée ont
été les favorites des plus grands rois. Leur
rôle politique est primordial et le faste dont elles
s'entourent contribue au rayonnement artistique du royaume.
Leur histoire a croisé celle de la Touraine.
Agnès Sorel avait vingt ans , le roi Charles VII
quarante. Fille d'un simple mercenaire du roi, elle était,
dit-on, d'une époustouflante beauté. Elle
fut la première favorite officielle d'un roi de France.
Charles VII l'installe au château de Loches. Bientôt
elle illumine de sa présence la cour installée
à Chinon. La favorite a une influence heureuse sur
le souverain. Elle l'encourage à redresser le royaume
et à poursuivre la guerre contre les anglais. Mais
surtout, elle le guérit de ses dépressions
tandis que la reine Marie d'Anjou se morfond dans son château
! Agnès donne trois filles à son amant. Mais
son goût du faste pèse lourdement sur le maigre
budget du royaume et lui vaut bien des inimitiés.
Enceinte pour la quatrième fois, elle rejoint néanmoins
Charles VII en campagne à Jumièges. Elle prend
mal et meurt le 9 février 1450 . Elle avait vingt
huit ans. On a soupçonné le dauphin, le futur
Louis XI, de l'avoir empoisonnée. Il ne lui pardonnait
pas son influence.
Diane
de Poitiers était la favorite d'Henri II. Le roi,
fou d'amour, lui offre le château de Chenonceau et
lui fait construire le château d'Anet. Jusqu'à
son extrême vieillesse, elle garde une vigueur de
corps et d'esprit qui surprend son entourage. C'est, de
fait, une femme forte. Elle prend des décisions d'état,
négocie avec les protestants, trafique des captifs
espagnols, distribue magistrature et dignités et,
à la grande humiliation de la reine, se charge de
l'éducation des enfants royaux. Sa personnalité
est telle qu'il n'est guère d'artiste qui ne nous
en ait laissé des portraits. A la mort d'Henri II,
la belle Diane doit rendre le château à Catherine
de Médicis qui prend sa revanche. Elle se réfugie
alors au château d'Anet où elle meurt en 1566.
Gabrielle
d'Estrées fut le grand amour d'Henri IV. Pendant
sept ans, elle occupe la place d'une épouse et donne
au roi ses trois premiers enfants reconnus. Il avait l'intention
de l'épouser mais elle meurt. Empoisonnement ou malchance?
Nul ne le saura jamais. La famille maternelle de la belle
Gabrielle était originaire de Touraine. Les femmes
de la famille avait une redoutable réputation. Elle
faisait tomber d'amour tout homme qui les approchait ! Marie
Babou, femme de Philibert, dite la Belle Babou, d'humeur
fort galante, se vantait d'avoir connu, au sens biblique
du terme, les ennemis héréditaires François
Ier et Charles Quint ! Aujourd'hui, le château de
la Bourdaisière à Montlouis sur Loire a été
transformé en hôtel. Un autre château
garde le souvenir des amours de Gabrielle et d'Henri, le
château de la Mézière à Lunay.
Le roi y séjourna avec sa favorite.
Les
châteaux de la vallée du Loir
retour
La
route des vins: Bourgueil et Chinon
Selon Rabelais, l'ivresse aide à percevoir le goût
de l'éternité... On ne peut envisager un voyage
dans le val de Loire sans traverser les vignobles. Dans
ce jardin de la France que baigne une lumière toute
d'équilibre et d'harmonie, la Loire ici tranche :
Bourgueil, rive droite, Chinon rive gauche.

L'aire
de Bourgueil et de Saint-Nicolas compte près de deux
mille cent hectares de vignes. Les vins rouges s'y distinguent
en fonction du sol. Ceux des graviers sont souples et fruités,
ceux de tuffeau, corsés et taniques. L'abbaye bénédictine
de Bourgueil fut l'une des plus riches d'Anjou. L'élégant
bâtiment des celliers et des grands greniers au pignon
flanqué de deux tourelles coiffées d'une flèche
de tour octogonale, les parties les plus anciennes, datent
des 13 et 14ème siècles. Les autres bâtiments
ont été bâtis au 18ème siècle.
Le village vigneron de Restigné possède une
église intéressante par sa façade à
appareil losangé et son portail sud dont le linteau
sculpté montre des bêtes fantastiques et Daniel
dans la fosse aux lions. Entouré de douve, le château
des Réaux est charmant. Enfin, à Chouzé-sur-Loire,
se dresse toujours le petit manoir du XVème siècle
où mourut Marie d'Harcourt, épouse de Dunois,
le célèbre Bâtard d'Orléans.
Pour
gagner Chinon depuis Bourgueil, il faut obliquer vers le
sud et franchir la Loire au lieu-dit Port-Boulet. Le terroir
se partage en trois zones. La première, la plus occidentale,
est sauvée des eaux. Langue de terre et de sables
coincée entre Loire et Vienne, elle donne naissance
à des vins plus souples, à une autre forme
d'élégance que les chinons classiques des
terres profondes et des coteaux. Il faut se perdre dans
les sables et les graviers, retrouver son chemin aux clochers
de Beaumont et de Savigny-en-Véron, découvrir
puis remonter vers l'est. A Cravant, l'église est
un spécimen rare de l'art carolingien. Elle date
du début du 10ème siècle. Le chemin
passe par Ligré, et arrive enfin Chinon dont les
orgueilleux remparts du château surplombent la Vienne.
Les
vins de Bourgueil
Les
vins de Chinon
retour
A
LA RENCONTRE DES ECRIVAINS
La
Touraine, berceau de quelques-uns de nos plus grands hommes
de lettres
Le climat et l'art de vivre raffiné
de la région pourraient-ils être à l'origine
de cette éclosion de talents si différents
! Un fait est là, François Rabelais, Pierre
de Ronsard, René Descartes, Honoré de Balzac,
Alfred de Vigny, Georges Courteline
sont tourangeaux.
Le
pays de Rabelais, c'est Chinon, terre d'abondance
où la verve et l'imagination truculente de l'humaniste
ont fait naître Gargantua. " La Devinière
", sa maison natale à Seuilly, à 5 km
de Chinon, est devenu un musée. Derrière la
façade austère s'ouvre la Grande Salle où
trône la cheminée du roi Grandgousier. L'escalier
de pierre conduit à la chambre des parents de l'auteur
où le lit à quenouilles est d'époque.
L'univers
du poète Pierre de Ronsard est lui plein de
délicatesse. L'auteur de " Mignonne, allons
voir si la rose" est né au manoir de la Possonnières
à Couture-sur-Loir. Il passa une grande partie de
sa jeunesse comme page auprès de diverses princesses
royales. Son ambition était de faire une carrière
militaire mais, atteint précocement de surdité,
il se tourna vers les ordres. Nommé en 1560 poète
à la Cour, conseiller et aumônier du roi, il
reçoit en 1565 la charge du Prieuré de Saint-Cosme
à La Riche, un endroit paisible où il séjourne
jusqu'à la fin de sa vie.
René
Descartes est né à La Haye en 1596. Le
village a été rebaptisé du nom du philosophe.
Sa grand-mère et sa nourrice l'ont élevé
dans cette maison toute simple de la grande rue transformée
en musée qui rend hommage à l'enfant du pays
dont la doctrine rationaliste fit le tour du monde.
Honoré
de Balzac est né à Tours en 1799 dans
la rue de l'Armée d'Italie aujourd'hui disparue.
Mis en pension à Vendôme dès l'âge
de huit ans, il ne garde avec sa famille que des liens d'argent.
En 1830, il séjourne avec Madame de Berny à
La Grenadière à Saint-Cyr-sur-Loire, tout
près de Tours. C'est là qu'il place la demeure
de Lady Dudley dans " le Lys dans la Vallée
". Mais c'est au château de Saché que
le grand romancier vient trouver son inspiration de 1823
à 1837.
"Je
suis né à Loches, jolie petite ville de Touraine
", écrivait Alfred de Vigny . Sa famille,
des nobles ruinés par la révolution, était
intimement liée à l'histoire de la ville depuis
la renaissance mais le futur poète la quitta très
tôt.
Enfin,
l'humoriste Georges Courteline, l'auteur de comédies
satiriques, est né à Tours.
Les
écrivains et poètes en région Centre
retour
TROGLODYTES
EN ANJOU
Entre
Montsoreau et Saumur, la Loire coule paresseusement entre
les bancs de sable doré. Elle a creusé son
lit dans la craie tendre du tuffeau. C'est là que
le visiteur peut découvrir l'une des plus insolites
richesses de la région : les troglodytes. Dans ces
étranges villages les rues et ruelles enterrées
se tordent, s'entrecroisent ou se superposent toujours escortées
de fermes, de pigeonniers, de moulins, de fours et de puits.
1000
kilomètres de souterrains constituent l'un des plus
vastes ensembles troglodytiques d'Europe. Les visiteurs
peuvent manger dans des restaurants aménagés
dans les vastes salles dont les plus anciennes ont été
creusées au 12ème siècle. Ils peuvent
aussi faire l'expérience de dormir au centre de séjour
de Doué-la-Fontaine aménagé dans le
falun, pierre blanche friable.
Ce
village et ses alentours occupent un plateau crayeux creusé
de toute part par les paysans qui y logeaient au Moyen-Age
ou par les protestants qui s'y sont cachés lors des
guerres de religion. Insoupçonnables de la rue, l'habitat
est creusé sous le sol même, et s'organise
autour d'une fosse formant une cour intérieure. A
6 km de Doué, au village de Louresse-Rochemenier,
on visite deux anciennes fermes qui malheureusement ont
été abandonnées comme beaucoup d'autres
dans les années trente.
Depuis quelques années, les maisons troglodytiques
sont restaurées et un bon nombre d'entre elle de
nouveau habitées.
En bordure de Loire, les villages ne sont pas cachés
sous terre mais au contraire à flanc de coteau et
les façades des maisons dominent le fleuve. Dans
la falaise de Turquant , la Grande Vignolle est un modèle
unique de logis seigneurial troglodytique et à Souzay,
il ne faut pas rater le magnifique et étonnant château
où serait venue s'éteindre la reine Marguerite
d'Anjou.
Le Hameau de La Fosse, la caverne sculptée de Dénezé-sous-Doué,
la magnanerie de Coudray-Macouard où on élève
des vers à soie , la champignonnière "Le
Saut au Loups", l'espace d'art plastique contemorain
de Saint-Georges -des-Sept
voies et les caves à vins de Turquant sont autant
d'étapes de cette étonnante route des troglodytes.
Voyage
insolite dans les cavités et les galeries du Saumurois
Rochemenier,
site troglodyte du Val de Loire
retour
La
route Jacques Cur
La route Jacques Cur s'étire entre châteaux
rares et cités anciennes, au milieu d'une nature
généreuse. De La Bussière, dans le
Loiret, jusqu'à Culan au sud du Cher, elle compte
de nombreuses étapes.
Celui qui donna son nom à cette merveilleuse promenade
avait du flair. Dans l'Europe du XVème siècle,
sa puissance était telle qu'on le surnomma le roi
sans couronne. Homme d'action, d'influence et d'avant-garde,
Jacques Cur laissa un empire mis aux enchères
parce que sans successeurs!
Au début du 15ème siècle, Jeanne d'Arc
donne au roi Charles VII l'impulsion pour reconquérir
son royaume. Jacques Coeur trouve les finances de la reconquête.
Né à Bourges, il y construit son palais. Marchand
et ambassadeur, richissime, il contribue activement à
la reconstruction économique du pays.
La route Jacques Cur serpente à travers une
campagne verdoyante et sereine. Ses étapes : l'abbaye
de Noirlac, le château de Boucard, Aubigny-sur-Nère,
saint-Amand-Monrond, Dun-sur-Auron, Argent-sur-Sauldre,
La chapelle d'Angillon, Ainay-le-Vieil, Jussy-Champagne,
Menetou-Salon, Gien, Meillant, Maupas, Culan, La Verrerie,
Blancafort.
Circuits
dans le Berry et le Cher
retour
Promenade
en Rabelaisie
Un pélerinage en Rabelaisie passe par la Devinière.
A une lieue de Chinon, en la paroisse de Seuilly, la maison
des champs d'Antoine Rabelais vit naître le jeune
François un jour de 1494. L'exubérant père
de Gargantua cultiva une vigne dans les environs. Il y aurait
fait ce qu'il appela du "vin taffetas", doux et
velouté. On y visite , la chambre de Rabelais et
un petit musée illustrant sa vie et son uvre.
A
Seuilly-Coteaux, se trouve l'abbaye où fut élevé
le jeune François. C'est là que, dans Gargantua,
il situe le couvent de frère Jean des Entommeures,
"bien fendu de gueule , bien avantagé en nez,
beau dépêcheur d'heures, beau débrideur
de messe, beau décrotteur de vigiles" qui, armé
du bois de sa croix processionnelle, chassa les gens de
Lerné qui avaient envahi le clos de l'abbaye.
Lerné,
pittoresque village de tuffeau blond appartient également
à la légende rabelaisienne. C'est de ce village
que partirent les fouaciers allant vendre leur fouace au
marché de Chinon. Une altercation avec les bergers
de Seuilly déclencha la burlesque guerre picrocoline
entre Picrochole, roi de Lerné et Grandgousier, père
de Gargantua et sage prince de Seuilly.
L'itinéraire nous amène ensuite au village
vigneron de Cravant-les-Coteaux puis au château de
Rigny-Ussé qui inspira Charles Perrault pour écrire
"La Belle au Bois dormant". C'est une petite merveille
avec ses tours qui émergent de la forêt de
Chinon. Cet époustouflant château fut édifié
au 15ème siècle et passa progressivement du
statut de place forte à celui de résidence
d'agrément.
Cette
route nous conduit ensuite à Candes-Saint-Martin.Sa
collégiale du 12ème et 13ème siècle
est remarquable. Du haut de ses jardins en terrasses, le
regard se perd au-delà des chemins d'eau de la Vienne
et de la Loire enlacées.
Enfin, sur les traces d'Alexandre Dumas, le château
de Montsoreau, construit en 1455, possède encore
beaucoup de charme, avec son allure de forteresse côté
Loire et sa belle façade intérieure de style
Renaissance.
Autour
de Chinon
retour
Le
Clos-Lucé
Au
Clos-Lucé, on entre de plein pied dans la prestigieuse
histoire de la région. Ce manoir de brique rose souligné
de pierre de tuffeau fut acquis en 1490 par Charles VIII.
Il abrita ensuite François Ier, sa sur , Marguerite
de Navarre et leur mère, la régente Louise
de Savoie. En 1516, François Ier invite Léonard
de Vinci à Amboise. Il l'installe au Clos-Lucé.
Il y demeurera jusqu'à sa mort, le 2 mai 1519, à
l'âge de 67 ans.
Aujourd'hui,
on découvre les fabuleuses machines conçues
par Léonard de Vinci : le premier aéroplane,
la première automobile et... l'ancêtre de l'hélicoptère
réalisés cinq siècles après
leur conception avec des matériaux d'époque.
Epoustouflant ! Le grand peintre qui nous a laissé
de superbes madones était aussi un génie visionnaire
qui s'intéressait à la mécanique, à
l'hydraulique, à l'optique, au génie civil
et militaire, à la marine et à l'aéronautique.
Léonard
de Vinci, peintre et inventeur
retour
|