

La ville d'Avignon doit
en partie son identité et son prestige aux différents
papes qui sont venus s'y installer et qui ont bâti de superbes
bâtiments. Stendhal lui-même fut fortement impressionné
par la cité des papes et en fait le récit dans ses
Mémoires d'un touriste. [...]
En effet, de 1309 à 1403, Avignon devint la capitale de
la Chrétienté suite à l'insécurité
politique régnant alors à Rome. Prosper Mérimée,
alors inspecteur des monuments historiques, décrit dans
ses Notes d'un voyage le château des Papes :
"L'aspect
général d'Avignon est celui d'une place de guerre.
Le style de tous les grands édifices est militaire, et
ses palais comme ses églises semblent autant de forteresses.
Des créneaux, des mâchicoulis couronnent les clochers;
enfin tout annonce des habitudes de révolte et de guerres
civiles.
A voir le château des Papes, le plus considérable
de tous ces bâtiments, on dirait la citadelle d'un tyran
asiatique plutôt que la demeure du vicaire d'un Dieu de
paix. Construit sur un rocher escarpé, il élève
ses tours massives à une hauteur prodigieuse. Rien dans
cet immense édifice ne paraît avoir été
donné à l'art; partout l'agrément et même
la commodité ont été sacrifiés à
la sûreté."
En 1305, Bertrand de Got est élu pape et prend le nom de
Clément V. Au bout de quatre ans de vie itinérante
en Limousin et en Aquitaine, le pape et sa cour se fixent au couvent
des dominicains d'Avignon car la ville appartient au comte de
Provence, vassal du pape, et qu'elle jouxte le Comtat Venaissin,
possession du Saint-Siège depuis le XIIIe siècle.
Jean
XXI, ancien évêque d'Avignon, succède à
Clément V en 1316 et fait du palais épiscopal, aujourd'hui
disparu, sa résidence principale. Son successeur Benoît
XII, élu en 1334, entreprend la totale reconstruction
du palais qui prendra le nom de Vieux Palais, mélange
de citadelle et de monastère.
Clément VI, pape de 1342 à 1352, acheta la ville
à Jeanne Iere, reine de Naples et fit construire un second
palais, le Palais Neuf. Les papes sont désormais
réellement chez eux en Avignon et ils s'y succéderont
jusqu'en 1378. Mais les derniers papes ne perdent pas de vue que
leur résidence de prédilection reste Rome et font
tout pour y revenir.
D'ailleurs,
en 1378, le peuple romain se met à réclamer un pape
romain ou au moins italien. Les cardinaux élisent donc
un italien, Urbain VI. Suite à l'attitude maladroite de
ce nouveau pape, treize cardinaux français quittent Rome
quelques mois plus tard et élisent avec l'appui du roi
de France, Charles V, un autre pape : Clément VII. C'est
le Grand Schisme de l'église chrétienne; tous les
croyants, suivant leurs souverains, se retrouvent divisés
entre les deux obédiences : Urbain VI à Rome et
Clément VII en Avignon.
Benoît XII fut le dernier pape d'Avignon et il fut chassé
de la ville en 1403 parce qu'il refusait de se soumettre au Saint-Siège
de Rome.
A partir de ce moment-là, l'histoire d'Avignon se confond
avec celle du Comtat Venaissin, qui continuera jusqu'en 1791 d'appartenir
au Saint-Siège.
Mais pendant toute cette période,
Avignon s'est développé jusqu'à devenir la
deuxième ville de France, après Paris. Cette croissance
porta sur la taille de la ville et aussi sur sa renommée
intellectuelle et culturelle. Les papes jouaient leur rôle
de mécène et ont permis la formation d'une cour
d'artistes dont Pétrarque fit partie, et d'une université
prestigieuse.

De
ce passé glorieux, Avignon a gardé les monuments
mais aussi l'esprit. Depuis 1946, sur l'initiative de Jean Vilard,
la grande cour du palais des papes accueille le célèbre
festival de théâtre.
Lors de son arrivée à Avignon, Prosper Mérimée
fut saisi d'un puissant sentiment d'exotisme : la ville et de
ses habitants lui rappelèrent en de nombreux points l'Espagne.
Découvrons Avignon, l'espagnole :[...]
Si Avignon est la ville des papes, c'est aussi
la ville du pont sur lequel "on danse tous en rond"
!
Le
pont Saint-Bénezet, selon la légende provençale,
fut construit en 1177 par Bénezet, jeune pâtre vivarais,
et ouvert à la circulation en 1185. Le berger aurait entendu
des voix célestes lui ordonnant de bâtir un pont
sur le Rhône. Aidé par des anges, il débuta
seul la construction du pont. Le "miracle" ayant été
appris par la population, des dons parvinrent par centaines, permettant
l'aboutissement des travaux. Les historiens pensent que les fondations
du pont dataient de l'époque romaine et que le jeune berger
organisa sa restructuration.
Le pont d'Avignon, avec ses 900 mètres de long, était
le premier pont depuis la mer à franchir le fleuve. Il
fut très visité par les pèlerins venus se
recueillir sur les reliques du berger. Le pont subit les assauts
de nombreuses crues et fut souvent rebâti avant d'être
abandonné au milieu du XVIIe siècle. Aujourd'hui,
il ne reste que quatre arches, surmontées d'une chapelle
dédiée à saint Nicolas, patron des mariniers.
Alphonse Daudet dans ses Lettres de mon moulin, chante
la festive ville d'Avignon et ses habitants :[...]
Le site de
l'office du tourisme : accès, découverte de
la ville, la Provence, hébergement, propositions de circuits
découvertes.
Le site
de la mairie : autre site institutionnel proposant les informations
classiques; actualités, les aspects touristique, pratique
et économique de la ville.
Le festival
d'Avignon : le site du célèbre rendez-vous annuel
de tous les amateurs de théâtre. L'histoire du festival,
les programmes et les infos pratiques. Présentation du
festival off et des XXVIIe rencontres d'été de la
Chartreuse.
Un
portail sur Avignon et sa région : tout savoir sur
la ville papale (histoire, personnages, papes, chronologies, musées,
diaporama) et sur la Camargue.
L'exposition
La Beauté en Avignon : quand les arts se donnent rendez-vous
dans une ville ... surgit la beauté. De multiples artistes
ont envahi Avignon pour l'été, profitez-en !